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Santé : Les mesures pour ne plus revivre le Mediator

Publié le 20/01/2011
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Une liste de médicaments suspects

Suite à l'affaire du Mediator, 59 médicaments font déjà l'objet en France d'un plan de gestion des risques. Cette liste figure sur le site de l'Afssaps, mais elle n'a attiré l'attention des médias qu'après la publication samedi dernier d'un rapport officiel accablant pour le laboratoire Servier, fabricant du Mediator, et le système français de surveillance des médicaments en général.

Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a demandé mercredi que lui soit transmise avant la fin du mois une liste plus large de 76 médicaments soupçonnés d'être à risque, qui, selon l'Afssaps, comprend une quarantaine des 59 produits concernés. Xavier Bertrand souhaite une refonte du système de sécurité sanitaire après les révélations sur le Mediator, pour lequel le laboratoire Servier est officiellement accusé dans un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) d'avoir trompé les autorités, qui aurait fait de 500 à 2 000 morts avant son interdiction en France des années après son retrait dans d'autres pays.

Des conditions d'interdictions floues

Toutefois, les conditions d'une éventuelle interdiction de produits ne sont pas claires. Premièrement, on y trouve des médicaments répandus comme le Prevenar, un vaccin très courant chez les enfants, ou encore la Thalidomide, toujours utilisée dans le traitement des cancers bien qu'ayant provoqué des malformations sur des nouveau-nés. L'Intrinsa, commercialisé par Procter et Gamble et indiqué pour la baisse de désir sexuel féminin, est aussi sur la liste de l'Afssaps.

Pour l'ensemble de ces produits, des effets secondaires - dépressions, cancers, hallucinations, vomissements, diarrhées ou encore malaises - sont énumérés. Le plan de gestion des risques consiste à suivre de plus près certains produits comme eux évoqués après leur autorisation de mise sur le marché et à recenser les études des différents groupes de travail. Néanmoins, il existe des cas plus complexes où des médicaments peuvent être vendus en France même si l'Afssaps s'y oppose, du fait d'une autorisation européenne. Enfin Il y est relevé que le doute bénéficie aux produits et non aux patients et que le principe de précaution n'est pas appliqué. Le financement de l'Afssaps par une taxe sur l'industrie pharmaceutique est mis en cause, ainsi que les liens des experts avec les industriels.

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Article rédigé par Cécile Leconte