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Moto : la réforme ne passe décidément pas

Publié le 19/05/2011
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Après l’énoncé des mesures – voir notre article Moto : de nouvelles règles de bonne conduite – place à une foultitude de réactions ! Faisant la part belle à la répression, ce nouveau dispositif de sécurité routière a suscité la colère de nombreuses associations qui se sont données rendez-vous hier un peu partout en France. Une mobilisation qui n’a pas entamé la détermination de Claude Guéant, ministre de l’Intérieur.

Des réactions à foison

Tenues à l’écart du Conseil Interministériel de la Sécurité Routière (CISR) qui a accouché des mesures désormais bien connues, diverses associations ont logiquement réagi à ce nouveau dispositif largement répressif.

Ainsi, la Fédération Française des Motards en Colère a estimé que les « mesures proposées [étaient], une fois de plus, complètement à côté de la plaque, ignorant la réalité de terrain et l’ensemble des travaux et concertations de ces dernières années ».

Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière, a, pour sa part, regretté l’absence de consultation des différents acteurs : « Nous sommes très déçus, mais c'était prévisible car il n'y pas eu de concertation avec les associations et les experts ».

Député-maire UMP à Etampes (Essonne), Franck Marlin a, de son côté, considéré : le « gouvernement fait fausse route » en pensant que « tous les conducteurs sont uniquement des assassins potentiels, et des irresponsables. Les automobilistes sont désormais présumés coupables. Au lieu de sanctionner le conducteur, sans même qu’il ait enfreint une règle, il vaudrait mieux agir sur l’état des réseaux routiers, améliorer les formations, aider les usagers qu’ils soient cyclistes, motards ou automobilistes à mieux vivre ensemble sur la route. »

La mobilisation du 18 mai

En réaction à ces mesures dont l’une – l’interdiction des avertisseurs de radars – la concerne très directement, l'Association Française des Fournisseurs et utilisateurs de Technologies d'Aide à la Conduite (AFFTAC) avait donné rendez-vous hier aux mécontents du bitume un peu partout en France. Ils n’étaient que 400 à Paris.

Offrant un service plébiscité par 6,1 millions d’utilisateurs, l’association a toutefois pu réunir plus d’un million de signatures à sa pétition et promet déjà une journée noire sur les routes françaises le 2 juin prochain appelant à « bloquer toutes les routes en France et particulièrement à Paris ».

Le ministre reste inflexible

Malgré cette levée de boucliers, Claude Guéant campe sur ses positions. Sûr de son fait, il a ainsi lancé : « La décision, c'est bien d'enlever les panneaux ! Elle n'est absolument pas remise en cause ». Une fermeté qui aura sans doute bien du mal à calmer la fronde qui gronde au sein même de la majorité à quelques mois seulement des prochaines échéances électorales.

Toutefois, en coulisses, quelques concessions ont pu être obtenues par Christian Jacob, patron des députés UMP : 
• déjà engagé un peu partout en France, l'enlèvement des panneaux de signalisation sera désormais précédé de réunions de concertation dans chaque département
• la création d'un « comité de liaison » entre les députés UMP et le ministère de l’Intérieur sur les questions de sécurité routière
• l'installation de radars pédagogiques qui, par clignotement, rappellent à l'usager la vitesse à laquelle il roule
• le lancement d’une mission d’information parlementaire


Sources : L’Argus de l’assurance, Caradisiac, LeParisien.fr

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Article rédigé par David Quadrado